Les électrons libres

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 contribution sousmarinvert pour l'été et l'automne

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AuteurMessage
christiandenis



Nombre de messages : 23
Date d'inscription : 21/03/2007

MessageSujet: contribution sousmarinvert pour l'été et l'automne   Ven 29 Juin 2007 - 1:41


Mes chers amis, je vous joins ma contribution à notre réflexion pour nos rencontres de l’été et de l’automne.


Après cette désastreuse campagne mais passionnante
campagne, il faut tirer un bilan et tenter de se projeter dans
l’avenir, en posant quelques questions qui peuvent fâcher...






Ce ce qui s’est passé au sein des
électrons libres s’est ensuite reproduit au sein de l’équipe de
campagne, justifiant mes craintes de dérapage.


En complément, pour éviter les répétitions, je joins le
courrier adressé personnellement à José Bové fin janvier (cf bas de
page), suite au refus des électrons libres de se joindre à cette
adresse (dont mon départ de cette structure). Notons que j’attends
encore la réponse, fin juin 2007. Je vous renvoie, aussi à : Pourquoi
je ne commanderai pas le livre de campagne, sur notre site unispourunautremonde




J’ai lu avec attention le texte de Raoul, dont je
partage l’essentiel, à un gros détail près, la référence à la gauche.
Je m’attacherai donc à ne pointer que nos divergences. Après le bilan,
voyons l’avenir.




2005 – 2007 : Les alter châteaux de sable ne résistent pas à la vague sécuritaire




Nous étions unis, au sein de l’AU et pensions que le
NON au référendum devait nécessairement amener dans la foulée la
victoire de nos idées, en accouchant d’une candidature antilibérale
commune. Pour déjouer la manouvre des appareils politicards, nous voulu
rassembler en dehors de ceux-ci, mais trop tard et notre démarche a été
mal comprise. Nous n’étions ni prêts, ni structurés et encore moins
unis pour déjouer le piège. Car ni le mouvement altermondialiste, en
lambeaux depuis l’effondrement d’attac, ni nos victoires ponctuelles
(TCE, CPE) ne pouvaient masquer notre flottement idéologique, entre
mouvementisme (parfois démagogue) et souverainisme et ou
protectionnisme sourcilleux, entre, enfin, alter croissance et
décroissance.



Faute d’avoir vraiment mis au
clair nos valeurs communes et donc nos objectifs, nos beaux châteaux
n’ont pas résisté au vent du vote utile, encore moins à la vague
sécuritaire
. Vague soigneusement préparée par le ministre
candidat, notamment avec l’instrumentalisation de la crise des
banlieues. Et quel était notre discours ? Une certaine compréhension
envers ces jeunes imbéciles qui brulent des voitures, pire… des bus.
Alors qu’un discours alter pertinent eut été de dire que chaque voiture
qui brule assure l’élection de la droite extrême… Il y a parmi nous
beaucoup de romantiques. Fort bien, mais le romantisme en politique se
paie cash. Tirons-en les conclusions.



Bilan de campagne :




Nous avions choisi un outil collectif de campagne :
José. Mais faute d’avoir voulu peser, en mettant les pieds dans le
plat, sur « notre campagne », nous n’avons pas su empêcher la prise en
mains de celle-ci par un quarteron de « spécialistes », médaillés de
toutes les défaites politiques et sociales, ni leurs dérives
autoritaires (prévisibles), ni les errements d’alter bobos en goguette
qui ont pris notre campagne politique pour un alter-rain de jeux, faute
sans doute, d’être capables de mener de véritables combats éco
sociétaux et sociaux (comme si l’on en manquait…).



Notre candidat est un outil collectif :
Il doit être contrôlé par la base. L’humain est prévisible, soyons
prévoyants. Rien ne sert ensuite de se lamenter sur des dérives, des
errements égotiques ou de disserter sur le « pourquoi du comment que ça
a foiré »… Ne comptez pas sur moi pour faire le seul procès du chef. Si
José était le candidat que nous avons voulu, c’est donc de notre échec
collectif qu’il s’agit. La synthèse historique entre les résistants
altermondialistes qui croient que la politique doit changer le monde et
les dizaines de milliers de signataires individuels, ces créatifs
culturels qui pensent qu’on doit se changer soi-même avant de changer
le monde n’a pas eut lieu, pas encore…. Mais cette campagne nous a
montré que cette fusion entre les deux points de vue était proche.
C’est, d’ailleurs et notre principale satisfaction et notre seule
perspective historique sérieuse.



Bâtir la maison commune : Ca tombe bien, on a (un peu…) le temps... :



Ses fondations sont nos valeurs, ces valeurs qui doivent être définies
collectivement et fonder nos statuts, plaçant l’individu, sa santé et
son environnement au centre de notre combat collectif.



Ses murs sont notre fonctionnement,
un véritable règlement intérieur qui fixe précisément les bases de la
démocratie directe, qui doit prévaloir sur toute autre considération.
Car l’autogestion doit se préparer, s’organiser, se structurer, afin de
nous préserver des dérives. On a bien vu, lors de cette campagne, les
limites de l’alter organisation, qui ne fut que l’altération du bordel
ambiant, au plus grand profit des politicards. Démocratie directe : Le
débat peut être permanent, nous en avons les moyens avec Internet, afin
de répondre rapidement, sur le terrain politique, à toute urgence.
Exemple : aucun porte parole (local ou national) ne peut avancer au nom
du mouvement une solution, une idée, un concept non encore approuvé
collectivement. Comptes rendus permanents de mandat, rotation des
tâches et des mandats, non cumul et mandats non renouvelables doivent
être impératifs.



Une maison de verre : Le
20ème siècle a emporté avec lui le « fais ce que je dis, mais ne pas
fais ce que je fais ». Nos « alters » pratiques doivent être claires,
visibles et compréhensibles par tous comme des pratiques authentiques.
Le terrain politicien ne doit pas être notre seule préoccupation, faute
de créér, à notre tour, un appareil politique vite sclérosé. C’est
pourquoi il me parait essentiel d’organiser un mouvement
(international), pour être présents, visibles et efficaces sur tous les
fronts d’urgence, avant même de créer ce nouveau parti. Ceux parmi nous
qui le souhaiteront pourront s’engager aussi sur le terrain politique.



Entrer dans un nouveau parti, pour moi, c’est oui, pourquoi pas ?
Mais, si la refondation s’avère bien nécessaire, il convient de
s’assurer que nous ne serons pas une fois de plus, les dindons de la
farce. A mon sens, l’unique condition est d’être organisés en tendance
autonome, afin de préserver nos valeurs, nos pratiques, de faire poids
collectivement aux manipulations des politiciens et aux dérives
égotiques, dont nous savons tous qu’elles sont inhérentes à ce type
d’organisation humaine. A cet égard, les « représentants de l’AU » nous
ont fourni un magnifique échantillon.



Mais l’essentiel est ailleurs :
Cet autre monde en marche doit être visible partout. Il nous faut donc
nous investir massivement, sur les terrains économiques et sociaux,
dans toutes les pratiques alternatives à cette surconsommation
désastreuse : Il ne suffit plus de dénoncer ! Il faut démontrer, par
les faits, pour convaincre. Nous serons d’autant plus crédibles et
efficaces à résister d’une main, que nous aurons créé de l’autre.



Réenchantons le monde !
Soyons créatifs ! Ensemble pour un autre monde ! Cette révolution
intérieure, elle est en cours parmi la plupart d’entre nous.
Poursuivons, épaulons-nous, créons partout des associations, des
groupements d’achat bio, des fermes collectives autogérées, des amaps,
des Cigales, des éco-hameaux, des scoops pour mettre en pratique et
rendre visibles nos belles idées, nos valeurs.



Les fenêtres de notre maison, comme la porte, seront ouvertes :
De l’air, expérimentons ! Oublions les vielles idéologies nées avec
l’industrie et le productivisme ! Il y eut l’époque de la pratique de
l’idéologie, il nous faut passer à l’idéologie de la pratique. Il n’y a
jamais une alternative aux pratiques imbéciles du capitalisme, mais de
nombreux mondes possibles, seule l’expérimentation nous permettra d’en
faire un tri efficace.



Le toit de notre maison est donc fait de notre « vivre ensemble »,
de la pratique de nos valeurs. Cette volonté farouche de résister et
créer, qui nous unit et doit nous abriter des aléas du temps (Et les
temps vont être rudes).



Notre maison, c’est le monde !
La France ne pourra changer le monde seule ! Bâtissons vite une
internationale, resserrons les liens avec tous les alters de la
planète, afin de mutualiser nos pratiques et découvrir de nouvelles
pistes à explorer. Les peuples du sud ont un besoin urgent de relais
politiques au nord, et nous avons un besoin urgent de mieux nous
connaitre, afin de relocaliser nos économies, sans trop de dommages
pour l’ensemble des peuples.



Pour en finir avec les vieilles références :




Cessons
de nous cacher derrière notre petit doigt : Oublions les termes
libéraux, antilibéraux... Si le libéralisme est bien la démence sénile
du capitalisme : c’est donc bien le capitalisme qu’il faut abattre et
non simplement repeindre, fusse en rouge et vert.




Arrêtons
de nous empailler sur le terme "gauche", cette notion est déjà bien
brumeuse ici (merci au PS, il a fait tout ce qu’il faut…) et absente du
vocabulaire de nombreux pays du monde. Si nous sommes vraiment de
gauche, ça se saura, au vu de nos pratiques. Ayons des pratiques de
gauche. (C’est plus bien plus difficile, mais plus efficace pour le
développement de nos idées qu’un coquelicot à la boutonnière…)
Regardons le monde : Chavez qui se dit catho est-il de gauche ? Mais il
a des pratiques de gauche ! Evo Morales le paysan appelle au retour des
traditions en Bolivie ! Est-ce un réac ? Car la révolution n’est ni de gauche, encore moins de droite, elle est devant nous.




Recentrons-nous
sur le bien commun, le vivre ensemble et la restauration de la
politique, au sens noble du terme, sur tous les fronts, réinventons les
conseils ouvriers*, l’autogestion. (Mis à part la sixième république,
nous n’avons que peu abordé la réforme de l’Etat, la réduction des
étages de décision et la complexité de cette démocratie : Réinventons
la démocratie, imposons, par l’exemple de nos pratiques, la démocratie
directe, pour gagner ensemble. Je ne sais pas vous, mais moi, j’en ai
marre de perdre…


Sousmarinvert, l’un des fondateurs des électrons libres.




*"L’apparition des Conseils fut la réalité la plus
haute du mouvement prolétarien dans le premier quart de siècle
(dernier), réalité qui resta inaperçue ou travestie parce qu’elle
disparaissait avec le reste du mouvement que l’ensemble de l’expérience
historique d’alors démentait et éliminait. Dans le nouveau moment de la
critique prolétarienne, ce résultat revint comme le seul point invaincu
du mouvement vaincu. La conscience historique qui sait qu’elle a en lui
son seul milieu d’existence peut le reconnaître maintenant, non plus à
la périphérie de ce qui reflue, mais au centre de ce qui monte".




In La société du Spectacle, 90, Guy Debord, dont je
vous recommande vivement la lecture :
http://sami.is.free.fr/Oeuvres/debord_societe_spectacle_1.html



La lettre à José en visible là :http://www.unisavecbove.org/spip.php?article3340
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